Après 11 ans de bon et loyal végétarisme, j'ai décidé de végétaliser encore plus mon alimentation (on n'oublie pas les bonnes résolutions 2018), et même si on trouve des ressources passionnantes sur internet, j'aime toujours autant me plonger dans des livres, y dénicher des plats gourmands et en tâcher les pages de chocolat/tomate/whatever.
Ma collection de livres de recettes s'étant pas mal agrandie ces derniers temps, je vous présente aujourd'hui les petits nouveaux qui sont tous de grands coups de cœurs.


VEGAN DÉBUTANT

La talentueuse Marie Laforêt a encore frappé fort avec ce livre qui est devenu une de mes références en peu de temps. Cet ouvrage, de par son accessibilité et sa richesse, est à mettre dans toutes les mains.
Pas à pas, sans pression, on y découvre les fondamentaux de la cuisine végétalienne à travers 45 recettes inratables, et on apprend à changer nos habitudes alimentaires en remplaçant des produits d'origine animales par des équivalents sans cruauté!
A mes yeux, c'est un livre incontournable que tout apprenti vegan (ou pas) se devrait d'avoir dans sa cuisine; les protéines de soja, le seitan et son petit pote le tofu n'auront plus de secrets pour vous.
Les petits plus: Des ingrédients simples, peu chers et qui se trouvent facilement.
La recette testée et approuvée: Le Mac and Cheese, les lasagnes, le moelleux au chocolat, le seitan... on ne m'arrête plus.
Et celle qui me fait de l’œil: Le fromage à gratiner et le red burger betterave-haricots rouges.




THUG KITCHEN

Un livre de recettes très californiennes, truffé de gros mots, dont la devise est "Eat like you give a fuck"; je n'aurais pas pu l'imaginer dans mes rêves les plus fous et pourtant, il existe, ma maman me l'a offert pour mon anniversaire.
Pensé par les auteurs du site du même nom, qui prônent l'accessibilité à la bonne bouffe en favorisant un esprit communautaire très punk et DIY, on y trouve des recettes salées et sucrées, des plats réconfortants et des trucs à grignoter sur le pouce, une liste d'indispensables à avoir en cuisine, des conseils pratiques et des "bordel-putain-merde" à toutes les pages, pour mon plus grand plaisir.
Ce bouquin est tout bonnement fantastique, et je salive à chaque fois que je le feuillette; c'est définitivement un putain de bon livre.
Les petits plus: Ce livre détruit les idées reçues sur la légende urbaine vegan-bio = bobo en mettant à la portée de tous l'accès à une alimentation saine.
La recette testée et approuvée: Les burritos aux pois chiches rôtis et aux brocolis (je bave à nouveau).
Et celle qui me fait de l’œil: Le coleslaw crémeux aux cacahuètes et les tacos au chou fleur rôti bière-citron vert!



VEGGIE KIDS

Ce guide pratique et gourmand a été conçu spécialement pour les parents d'enfants végétarien.ne.s et vegan de 6 à 12 ans et répond à toutes les questions essentielles et pratiques: nutrition et santé, recettes simples et rapides, gestion au quotidien de la "pression" sociale, etc...
C'est une véritable mine d'or pour les familles... mais pas que! J'y ai découvert, avec curiosité et affection, des parcours de familles et d'enfants vers le véganisme, des conseils pratiques et des recettes faciles et savoureuses qui plaisent à tous.
Rédigé par Sophie Cottarel, Marie Laforêt et Ophélie Véron, toutes spécialistes dans ce domaine, c'est un incontournable aussi bien pour les parents un peu perdus que pour les familles végétariennes.
Les petits plus: Les témoignages des enfants véganes qui sont tellement mignons et qui redonnent foi en l'humanité, mais aussi les recettes adaptées aux plus jeunes.
La recette testée et approuvée: Les pancakes et le curry sauce coco-cachuète aux légumes et tofu.
Et celle qui me fait de l’œil:  Le pâté végétal et les glaces marbrées au yaourt.



SIMPLISSIME

Autant j'aime cuisiner, autant les soirs de flemme c'est une vraie punition...Le Père Noël a donc bien joué quand il a déposé ce grand et beau livre sous le sapin. Le principe de cet ouvrage, comme son nom l'indique, est de proposer des recettes végétariennes et vegan les plus faciles du monde, en un temps de préparation réduit et avec un minimum d'ingrédients: cela nous donne des plats accessibles, simples et équilibrés à réaliser en un tour de main!
On y trouve plus d'une centaine de plats (uniquement du salé) qui raviront les aspirants végétariens mais également tous ceux qui souhaitent réduire leur consommation de viande en toute simplicité.
Les petits plus: Chaque recette est illustrée par une grande photo, explicite et gourmande.
La recette testée et approuvée: Le curry de patates douces, expédié en 20 minutes.
Et celle qui me fait de l’œil: Le riz sauté aux noix de cajou.




BONBONS VEGAN

On termine cette sélection sur une note toute douce avec ce livre paru aux éditions La Plage il y a quelques mois.
Les bonbons c'est trop bon, mais ils sont pour la plupart farcis de gélatine, de colorants et d'additifs douteux d'origine animale. Alors qu'avec quelques ingrédients et un peu de temps, on peut fabriquer à la maison des équivalents gourmands!
Des bouteilles goût cola, des frites qui piquent, des colliers à croquer, des caramels à l'amande et même les jumeaux healthy des Mars et autre Snickers: de quoi se réconforter tout l'hiver sans se sentir coupable!
Les petits plus: Certaines recettes sont un peu plus techniques que d'autres, mais la difficulté est indiqué à chaque fois. Et le livre aux teintes roses et pastels est bien trop mignon! 
La recette testée et approuvée: Les barres à la noix de coco, approuvées également par mes collègues!
Et celle qui me fait de l’œil: A peu près toutes?



D'autres articles qui pourraient vous plaire:

GREEN EN CUISINE

lundi 15 janvier 2018

Happy 2018! Je profite de ce début d'année et d'un inattendu regain de motivation d'écriture pour partager avec vous mes envies et mes projets pour les mois qui arrivent.
Je serais plus tentée de parler d'objectifs que de bonnes résolutions, car ces dernières sont généralement oubliées avant la fin du mois de janvier, et mon optimisme débordant et ma crève phénoménale de ce 3 janvier me donnent envie de croire en la suite (mais je suis défoncée aux Spedifen donc je ne suis peut-être pas très objective).

En 2018, je voudrais:
  • Devenir "à peu près" vegan. J'ai envie de basculer du côté green de la force après 11 ans de végétarisme. Depuis quelques mois, les repas à la maison sont végétaliens (et délicieux!), mais à l'extérieur c'est bien plus compliqué. Ça prendra le temps qu'il faudra (d'où le "à peu près") et ça ne se fera pas trop violemment, mais c'est quelque chose qui me paraît logique et essentiel aujourd'hui (pour moi, dans ma vie actuelle; tous nos parcours sont différents et je ne serais jamais dans le jugement!). Dans mon prochain article, je vous présenterais des supers bouquins qui m'ont beaucoup aidé dans cette démarche. 
  • Changer de boulot. Voilà, c'est dit, de but en blanc, le vrai gros projet de 2018 (ou gagner au loto, ça m'irait aussi). Après plus de 6 ans à mon poste actuel (dans le milieu du tourisme qui n'est pas du tout ma formation initiale), je sens qu'il est temps pour moi de passer à autre chose. J'ai aussi tendance à croire que parler trop tôt de ce genre de choses amène la poisse, donc chut-chut et affaire à suivre. 
  • Mieux et moins consommer. Consommer a quasiment le même impact, si ce n'est plus, que voter. En choisissant à qui je donne mes petits sous, je peux favoriser des entreprises plus vertes, plus humaines et authentiques. C'est tellement joli sur le papier que j'ai envie d'y croire, même si ça implique des changements de comportements et d'habitudes. Mais cet objectif est aussi un peu égoïste: je suis un vrai panier percé et je suis incapable de gérer mon budget, je me retrouve tout le temps dans le rouge alors que j'ai l'impression de ne rien dépenser. Donc une meilleure implication de ma part ne pourra être que bénéfique (et me permettra de mettre assez de sous de côté pour aller à Seattle en 2019). 
  • Lire encore et toujours. Même si depuis deux ans je n'arrive pas à terminer mon challenge de lectures Goodreads de 40 livres, cette année j'ai envie de lire toujours plus de romans américains d'apprentissage, de traités féministes, de romans dystopiques et fantastiques, de biographies de groupes et de musicien.ne.s, de livres en anglais et de découvrir des BD modernes et cools, car j'ai de grosses lacunes dans ce rayon. Je suis preneuse de tous vos coups de cœurs et conseils! 
  • Mieux entretenir ma maison. Ceux qui sont déjà venus chez moi doivent bien se marrer sachant que je suis la personne la plus bordélique de l'univers, mais oui, je vais essayer d'être un petit peu mieux organisée... J'adore ma petite maison cosy mais quand l'amoncellement (faites votre choix: fringues, livres, vaisselle, trucs et machins divers, etc...) prend le dessus, cela me rend anxieuse et stressée. Je prévois un grand tri de mes placards qui débordent (alors que je m'habille toujours pareil), de ma bibliothèque, et sans pousser au minimalisme qui n'est définitivement pas pour moi, de libérer de l'espace pour mieux l'occuper. 
  • Mettre plus d'art et de créatif dans ma vie. Cela implique d'écouter beaucoup de musique, d'aller voir plein de concerts, de concrétiser mon projet musical, de regarder plein de films et peut-être un peu moins de séries, de prendre des photos, de visiter des expos, de fabriquer ce qui me passe par la tête que ce soit des bougies, des savons, des barrettes, peut-être même un nouveau fanzine, de tester des recettes de cuisine, de décorer ma maison (après l'avoir rangée évidemment), de moins scroller sur mon téléphone et de plus aller voir ce qui se passe dans la vraie vie.
  • Prendre soin de soi. Et ça, c'est que je nous souhaite à tous. Que ce soit par tester une nouvelle routine beauté, mettre fin à une relation toxique, prendre un rendez-vous médical longtemps repoussé, pratiquer le yoga et la méditation, faire confiance à ses intuitions, manger une pizza devant Netflix, arrêter de fumer, aller se balader en pleine nature, il est plus que temps d'apprendre à être bienveillant envers soi-même. S'aimer tel que l'on est, même si c'est loin de ce qu'on peut voir sur Instagram, faire preuve de compassion envers soi et les autres et trouver la force d'avancer grâce à ce qui nous rend heureux. Et laissez moi vous dire qu'on le mérite grave. 

HELLO 2018

mercredi 3 janvier 2018

Autant les festivités du changement d'année m'ennuient profondément, autant j'aime l'idée de repartir à zéro: une nouvelle année, certes une de plus, mais de nouvelles envies, de nouveaux départs.
Et jeter un regard empli de douceur sur celle qui vient de s'écouler. Oublier les bonnes résolutions non tenues, regarder les échecs avec bienveillance, chérir les petites et grandes victoires et les beaux souvenirs. C'est pas facile-facile tous les jours d'évoluer dans ce monde qui nous déroute constamment, alors autant célébrer ce qui a été cool et laisser de côté tout le bullshit.

En 2017, j'ai découvert la magie de la Pologne (et même que j'ai pris l'avion toute seule pour la première fois), j'ai célébré un EVJF de folie à Biarritz et Hossegor (what happens on the Centrale Beach at 4:00pm stays on that beach), j'ai mangé vegan sous le soleil de Barcelone, j'ai redécouvert avec toujours autant d'amour la Californie, j'ai fait des WOWOOO WOWOOO au concert de Weezer à Paris, j'ai pleuré devant un beau mariage Londonien et mangé le plus gros donut du monde à Camden Market.

En 2017, il y a eu une liste de concerts géniaux, bien trop longue à énoncer, vécus avec les ami.e.s d'amour, il y a eu des glaces sous le soleil et des verres de vin devant la cheminée, il y a eu des albums écoutés plus de 100 fois et des livres qu'on ne veut pas voir se terminer, il y a eu des séries et des films à applaudir des deux mains, il y a eu des couchers de soleil mystiques et des ciels étoilés plein d'espoir, il y a eu des courgettes et des tomates dans mon jardin et un sapin de Noël plus grand que moi.

En 2017, j'ai crée mon petit fanzine, je me suis acheté un pendule en quartz rose, je me suis fait prendre en photo devant le lycée de Buffy contre les Vampires, j'ai arrêté de fumer et j'ai appris ce que modération voulait vraiment dire, j'ai fait plein de photos argentiques, je me suis fait tatouer un petit mot issu d'un de mes livres/films préférés, j'ai pas vraiment beaucoup écrit sur le blog, je suis devenue vegan chez moi, j'ai vu une étoile filante, j'ai bu un cocktail intitulé Mulholland Drive au Cha Cha Lounge, j'ai commencé à réfléchir à un changement professionnel, et j'ai lu tous les horoscopes de Sagittaire possibles et imaginables.

Encore deux petits jours pour essayer d'allonger la liste, mais personnellement, ça me convient déjà parfaitement. Prenez soin de vous, et comme me disent les gens au boulot "A L'ANNÉE PROCHAINE!".

GOODBYE 2017

samedi 30 décembre 2017

Il est 7 heures du matin et je suis en train de me couper les ongles quand je le vois.

Furtif et silencieux, le coyote se faufile entre les cactus sans m'accorder un regard.

Nous sommes le 19 septembre, et je viens de me réveiller pour la première fois à Joshua Tree. 

 


J'aime à l’excès la lumière dorée, les palmiers vertigineux et le bleu infini de la côte californienne, mais je rêvais du désert. Un retour à la nature, à soi, au vrai, loin de l'agitation du monde. Sans le savoir, je rêvais de Buzzards Roost; un oasis miraculeux pour freaks désabusés imaginé de toutes pièces par Buck et Mumsie.
Sous les rayons flamboyants du lever de soleil ou sous l'infini bleuté de la voie lactée, ce lieu hors du temps m'a envoûté; ce qui ressemble de loin à un bric à brac extraordinaire pourrait être la maison de mes rêves, pas besoin de plus.
Je ne me promets généralement pas grand chose, mais là j'ai fait une exception à la règle : je reviendrais.

Au-delà de la dimension mystique du lieu, nous avons été fasciné par les constructions écologiques de Buck: permaculture, récupération d'eau, énergie solaire, empreinte carbone quasi inexistante...
Même au milieu du désert, il est possible de vivre en respectant la nature et ses convictions. Nous sommes restés pendus aux lèvres de Buck, intarissable sur le sujet, autour d'un café. Ai-je hésité à demander une résidence permanente? Oui, évidemment.

Notre mobil-home d'un autre temps à la décoration d'un autre monde se situe à quelques kilomètres de l'entrée du parc national de Joshua Tree. Ce véritable trésor naturel, qui s'étend sur des centaines de kilomètres, abrite deux écosystèmes de désert distincts : le désert du Colorado, aux altitudes basses, et le désert des Mojaves aux élévations plus hautes, patrie de ce fameux arbre de Josué. Au milieu des formations rocheuses démesurée ou face à la faille de San Andrea, sous un soleil de plomb, le temps semble s'être arrêté.

C'est tellement gigantesque. Je me sens toute petite, presque perdue, photographiant le paysage à tour de bras tout en sachant pertinemment qu'aucune photo ne rendra grâce à la magie du lieu.


Et puis il y a eu le Noah Purifoy Outdoor Desert Art Museum.

Grâce aux conseils avisés de Buck, nous avons découvert cet endroit bizarre et unique, aussi fantasmatique qu'un mirage au milieu du désert. Suivez une route isolée et poussiéreuse et vous êtes arrivés. Sur plus de quatre hectares se tient une exposition permanente d’œuvres d'art monumentales, fabriquées à partir de matériaux divers: du métal, du bois, des pneus, des emballages d'hamburgers, des claviers d'ordinateur brisés, ou des fragments de verre.
I do not wish to be an artist. I only wish that art enables me to be. Noah Purifoy, 1963
Noah Purifoy était un artiste visuel afro-américain et un sculpteur travaillant l'art d'assemblage, qui a quitté Los Angeles pour le désert Mojave à la fin des années 80.
Le paysage dramatique et rude du Mojave inspira Noah Purifoy pour la création de ses pièces d'assemblage, qu'il appela «Environmental Sculpture». Il voulait que ses œuvres soient exposées dans leur environnement naturel et ainsi ne pas interférer dans leur processus de décomposition. Curieux et enthousiasmé de voir quel rôle la nature pourrait jouer dans l'histoire d'une œuvre d'art, il soutenait que «les changements font partie intégrante de la vie elle-même».


Le changement.
Celui qui transforme les oeuvres de Noah Purifoy, celui qui érode les roches millénaires de Joshua Tree, celui qui a métamorphosé Buck en guerrier de la nature, celui qui s'est imposé à moi à la fin de l'été; comme une révélation, comme une inspiration, comme un nouveau regard sur ce qui me rend heureuse.
Et ce voyage, ces journées dans ces lieux mystiques, transcendants et les sentiments qui en découlent. Je suis pas loin de virer New Age, mais le désert et moi, maintenant c'est pour toujours.

JOSHUA TREE

lundi 27 novembre 2017

Ils fleurissent sur nos murs virtuels, égrenés par les unes et les autres, et prennent tellement de place qu'on ne peut plus les ignorer. Qui aurait pu croire que des hashtags me retourneraient autant le ventre? Balance ton porc, moi aussi, me too.

Nous sommes toutes victimes. Celles qui le racontent, celles qui préfèrent se taire et qui sont toutes autant dans mon cœur.  Nous sommes toutes victimes, submergées de rage et de peine devant ce déferlement de témoignages qui donnent la nausée. Nous sommes toutes victimes, peu importe notre apparence, notre statut social, notre nationalité: ça me brise le cœur de l'écrire parce que ça le rend réel, mais être agressée parce qu'on est une fille, une femme, c'est normal. Et un monde qui laissé s'installer et même favorisé cette norme, ne peut être qu'un putain de monde malade.

J'ai une boule dans la gorge depuis hier soir. Voir défiler les #MeToo sur Twitter. Un deux, cent, mille. Des amies, des connaissances, des anonymes. Et puis, forcément, me rappeler. Ce genre de souvenirs remontent comme une envie de dégueuler; tout devient vague, puis tristement réel, et il ne reste plus que la tristesse, et les questions.

Et si j'avais réagi différemment ou plus tôt? Ça n'aurait rien changé.
Est-ce que je n'exagère pas? Non, et si ce n'était rien, je pourrais probablement inclure une de mes histoires, celle qui me dégoûte et m'énerve le plus dans cet article, mais j'ai beau essayer de l'écrire, c'est juste impossible. 
Est ce que j'aurais dû m'habiller différemment? Non, ça n'aurait rien changé à mon incompréhension de me faire klaxonner pour la première fois. J'avais 11 ans. Ça n'était que le début.
Est ce que j'ai eu peur, à chaque fois que j'ai entendu des pas derrière moi dans la nuit? Oui, terriblement. Et j'ai eu raison de courir.
Est ce que j'ai tout fait pour oublier, parce que "c'est normal", "boys will be boys"? Complètement.

Nous sommes toutes victimes, et c'est dégueulasse, injuste et terrifiant. Mais à travers ces sombres histoires que l'on ne peut plus ignorer, je vois comme une lumière, qui vacille mais qui s'intensifie.
Nous sommes toutes des victimes mais nous sommes toutes des alliées maintenant. Nous avons mal dans nos tripes, dans notre chair, mais nous ne sommes plus seules. Et si c'était maintenant? Et si notre heure était venue? Et si, malgré nos blessures vivaces et de toutes nos forces, nous pourrions enfin avoir l'espoir d'un changement?
J'ai le ventre retourné et les larmes aux yeux, mais putain qu'est ce que j'ai envie d'y croire.

Illustration de l'artiste Witchoria // son site // son facebook

ME TOO

mardi 17 octobre 2017

En ce début d’année ma pile de livres à lire a pris dangereusement de la hauteur. Il faut croire que ce sont les chaudes journées d’été et le besoin d’évasion qui leur colle à la peau qui m’ont donné envie de me replonger dans mille histoires extraordinaires, de tourner inlassablement les pages en luttant pour garder les yeux ouverts.


Dix-sept. C’est le nombre de livres lus cette année. Je ne suis pas vraiment à la moitié de mon « reading challenge », mais je crois que je n’aime pas me donner des défis qui n’intéresse que moi. Le principal, ce sont les auteurs que j’ai découvert, et leurs récits imprimés noir sur blanc qui nous emportent.

Cette édition du Book Club est entièrement consacrée à des autrices (si le terme te fait bizarre tu peux toujours lire cet article) et à leurs romans. Familles brisées, Sud poussiéreux, futur terrifiant et cheveux blancs sont au programme. 

Avis de tempête, Susan Fletcher


L’écriture enivrante et poétique de Susan Fletcher m’avait emmenée dans l’Ecosse du 17ème siècle avec l’histoire de la mystique Corrag dans Un Bûcher sous la Neige, dont je vous avais fait l’éloge dans cet article.
Partons cette fois-ci dans les Cornouailles, avec Moira, une fille de la mer, sauvage et sensible. Au chevet de sa sœur qu’une violente chute a laissé dans le coma, elle narre son existence, dans sa force comme dans ses faiblesses. Une fois de plus, la prose de l’autrice nous emmène loin, très loin, au bord des sombres falaises anglaises, où l’écume et les rochers se confondent avec le ciel abîmé. Pour moi, lire Susan Fletcher c’est aussi recopier des lignes entières de ses livres dans des carnets en soupirant devant tant de beauté.
L’histoire en elle-même m’a toutefois moins enthousiasmé que celle de Corrag, ce que je n'explique que par mon humeur du moment, mais pour rien au monde je ne regretterais cette lecture. Susan Fletcher est une sorcière des mots, une vraie pour le coup, et moi je suis ensorcelée. 


Le sud des États-Unis. La pauvreté. La poussière. Des personnages bigarrés. Et quelque part, la poésie. Le moins que je puisse dire de ce livre, c’est que ça a été une lecture surprenante, autant dans sa trame que dans son style.
J’ai acheté ce livre en en voyant un autre, Illuminations et Nuits Blanches, l'autobiographie inachevée de Carson McCullers, qui m’a donné envie de découvrir le talent de cette autrice qui a publié des œuvres monumentales avant ses 30 ans. Ici, les destins s’entrecroisent, s’entremêlent au cœur d’une ville du Sud comme il y en a des milliers d’autres.
Il y a John Singer, le sourd muet à qui tout le monde se confie dans le plus grand des silences, la jeune Mick et sa tripotée de frères et sœurs, qui sillonne les rues à la recherche de musique, le Docteur Copeland, qui a sacrifié sa vie de famille pour ses idées et contre la ségrégation, Biff le tenancier du café qui  assiste à ce spectacle permanent. Des personnages profonds, dont les rêves traînent sous un soleil de plomb.
Comme un soupir, la jeune femme de 23 ans partage en 1940 une vision sans failles sur ce monde qui poussent les hommes à se déchirer. La lenteur du récit et le style faussement naïf n’est pas sans rappeler Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ou Des souris et des hommes, et ce roman culte s’inscrit dans la veine de ces chefs-d’œuvre. 

La servante écarlate, Margaret Atwood


Terrifiant. La gorge dans un étau et le cœur dans les chaussettes à chaque page de ce roman dystopique paru en 1985 remis au goût du jour par la série du même nom diffusée cette année.
Dans un futur proche (peut-être même très proche), et dans des lieux familiers, June se remémore son ancienne vie: son travail, son mari, sa fille et sa liberté. Tout lui a été enlevé à partir du moment où l’État est devenu une dictature, et elle une servante tout de rouge vêtue. Mais dans ce monde carcéral où l'infertilité fait planer une menace, son rôle de femme de chambre prend une toute autre dimension; celui d'une mère porteuse soumise pour un couple haut placé.
Prise au piège de cette société totalitaire mais aussi de ses souvenirs, June (rebaptisée Defred pour montrer l'appartenance à son Commandant) se livre aux lecteurs à travers l'écriture simple mais glaçante de Margaret Atwood. Que sont-ils devenus, ceux qu'elle aimait? Que va t'il lui arriver si elle enfreint les règles? Sera-t'elle déportée, tuée? Est ce que ça a été le sort rencontré par son amie Moïra et plus tard par Deglen ?
J'ai complété cette lecture par le visionnage de la série qui donne une dimension supplémentaire à cette histoire, et qui m'a tiré des larmes de colères et de tristesse. Mais aussi de peur. Parce qu'il ne se passe pas une journée sans qu'une actualité nous rappelle la fragilité de nos libertés, particulièrement en tant que femmes. Une lecture à mettre entre toutes les mains (et n'hésitez pas une seconde pour la série). 

Une apparition, Sophie Fontanel


Pour être franche, j'avais quelques à priori au début de ma lecture du nouveau livre de Sophie Fontanel. Déjà, parce que j'ai des à priori sur la littérature moderne française (ça marche aussi pour le cinéma, désolée, je n'en suis pas fière mais c'est comme ça) et surtout parce que je n'étais pas familière du travail d'écrivain et de journaliste de l'autrice.
Le début du livre n'a pas vraiment aidé à dissiper mes craintes, et je craignais de baigner dans un parisianisme agaçant pendant 250 pages. Mais au fur et à mesure de ma lecture, et grâce à la plume légère et autobiographique de Sophie Fontanel, je me suis adoucie et j'ai découvert le choix, à la fois simple et lourd de sens, de cette apparition: laisser le blanc s'installer progressivement dans la chevelure jusqu'à la renaissance. Ce journal, à peine romancé, fait la part belle aux femmes et embellit l'inexorable course de l'âge. Il y a des passages très forts (et un beau clin d’œil à mon idole Agnès Varda), d'autres plus édulcorés, mais c'est la valeur universelle de ce témoignage qui le rend intéressant. J'aurais pu apprécier un peu plus de réflexion sur la pression sociale faite aux femmes, mais il s'agit ici du cheminement personnel de l'autrice vers la liberté et l'acceptation. Et je sais déjà que nous serions tellement plus heureuses si ces mots, liberté et acceptation, faisaient réellement partie de notre quotidien, qu'ils concernent nos cheveux, nos corps, notre apparence, notre sexualité et nos choix de vies.

J’ai aussi lu La fille du Train, Le Confident, et Le Maître des Illusions, et c'était sympa mais je n'ai pas eu de vrai coup de cœur. Par contre, j'ai lu La vérité sur Lorin Jones d'Alison Lurie et j'ai tellement aimé que maintenant je vais lire tous les livres d'Alison Lurie.

Vous pouvez suivre toutes mes lectures en cours et devenir mon ami pour la vie sur Goodreads et retrouver tous mes articles dédiés aux livres sur le blog dans la catégorie Book Club. Bisous!

THE BOOK CLUB ∆ SUMMER READING

mardi 10 octobre 2017

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