Je ne vous ai jamais dit à quel point j'aime le prénom Courtney et le groupe The Courtneys?
Ne pouvant pas changer décemment mon prénom (Courtney Nigou, cette vaste blague), laissez moi vous parler de ce trio féminin canadien de power pop qui vient de sortir son deuxième album.


J'avais eu un gros coup de cœur pour leur premier album éponyme de 2014, avec Nu Sundae et 90210, qui sentait bon la Californie et les 90's. On retrouve toujours cette douce légèreté ensoleillée dans leurs nouvelles compos, mais teintée d'une certaine mélancolie, le genre de ressenti (call me misandre) qui parle aux filles (bon ok, aux garçons aussi, mais je suis sûre que vous comprenez ce que je veux dire). La première chanson, Silver Velvet, est tout simplement envoûtante, et donne le ton au reste de l'album (le clip très cool est à la fin de l'article).
Mes critiques d'artistes et d'album étant toujours autant ridicules, donc en conclusion: écoutez le; je suis à peu près sûre que vous l'aimerez autant que moi. 

♡ Leur page facebook pour guetter une éventuelle tournée européenne ♡ 

PIRATE PLAYLIST ★ THE COURTNEYS

mardi 21 février 2017

J'ai passé trois jours à Cracovie avec un couple d'amis à la fin du mois de janvier.
C'était la première fois que je voyageais en Pologne, complètement à l'aveuglette, et j'ai profité, au détour des rues chargées d'histoire, d'un dépaysement salvateur.


J'ai pleuré dans l'avion en écoutant Lou Reed, vu des châteaux légendaires et des dragons invisibles, mangé des pierogi à tous les repas, bu une bière artisanale dans un bar communiste de l'ancien quartier juif Kazimierz, croisé de fervents catholiques et des fêtards dévoués, écouté un jeune homme jouer du piano dans un restaurant qu’adoraient fréquenter les nazis, bu de la vodka comme si la migraine n'existait pas, lu un roman brillant (Un bonheur parfait, James Salter) et un autre charmant (Landline, Rainbow Rowell), allumé un cierge dans l'église Ojców Karmelitów en bafouillant mon incompréhension à un pasteur qui n'avait visiblement pas toutes ses dents, cru me sentir assez sûre de moi pour faire un nouveau tatouage, puis non, écouté le crissement de mes pas dans la neige en fumant des Vogue, et j'ai pensé à tout l'amour qui m'attendait chez moi.



J'ai fait tout ça, mais j'ai aussi noté quelques bonnes adresses pour tout voyageur qui voudrait être mieux préparé que moi.
Nous avons dégoté, j'en suis quasiment sûre, le meilleur appartement sur Airbnb de Cracovie. Dans une ancienne bâtisse qui donne l'impression qu'elle va s'écrouler à tout moment se cache une merveille d'appartement lumineux à la décoration fantastique (si vous n'avez jamais voyagé avec Airbnb, profitez de 35€ de réduction grâce à ce lien).
Ne passez pas à côté du Chateau Royal du Wawel (Prince Krak forever), de la place du Rynek et de la Basilique Sainte Marie, d'où vous entendrez une mélodie au clairon chaque midi: wikipédia dit "ceci commémore la mort du joueur de trompette du XIIIème siècle qui fut transpercé d'une flèche alors qu'il donnait l'alarme d'une invasion tartare."
Allez manger de délicieuses pizzas à Fiorentina, des burgers aux falafels à la cantine de l'Alchemia, des pierogi sous les arcades de Pierogarnia Krakowiacy, buvez des bières en écoutant du punk à Propaganda, dégustez mutliples variétés de vodkas (aïe aïe aïe) dans le minuscule Wodka Bar, puis régnez sur le dance floor du KlubPodJaszczurami, qui devait être sérieusement cool dans les 70's. 
Ramenez des poupées russes et des carnets fleuris, l'odeur de la neige et des bretzels, et des milliers de souvenirs d'une ville lumineuse.

DZIEN DOBRY KRAKÓW

samedi 11 février 2017

Octobre 2016. Après avoir découvert la magique Lisbonne, il était temps de rejoindre Ericeira et de prendre la route.

Notre compagnon de route? Charly, probablement le van le plus cool du monde. Déniché chez Pura Vida Campers, il nous amené le long de la côte portugaise voir les meilleures vagues, a bercé nos beaux rêves, a gardé au frais nos Sagres et notre chorizo végétarien, et on l'a tellement aimé qu'on l'aurait bien adopté.


La côte portugaise, classée réserve mondiale de surf, recèle des petites villes plus incroyables les unes que les autres; Ericeira, toute blanche et bleue comme une île grecque, Santa Cruz, station balnéaire fantôme dès octobre, Lourinha et son musée dédié aux dinosaures, Peniche, son port de pêche traditionnel et sa compétition de surf internationale, et Baleal, notre petit paradis le temps de quelques jours.

Toute nouvelle étape est un dépaysement; sur moins de cent kilomètres, on voit des falaises vertigineuses et des plages qui ressemblent à s'y méprendre à celles du Sud-Ouest. Au volant de notre bolide qui ne dépasse pas les 70 km/heure, le temps ralentit sa course.
Chaque vague mythique, chaque paysage mérite un arrêt, même si ce n'est que pour quelques pas, car rien n'est plus agréable que de remonter dans le van et de reprendre la route.


La vie en van est rythmée par des questions simples mais que nous ne nous posons rarement au quotidien: quel est l'endroit le plus cool pour dormir ce soir? Est ce qu'on aura vue sur l'océan? As tu branché la glacière électrique? Est ce qu'il nous reste des bières? Y a t'il une douche publique à côté de ces toilettes?!

Heureusement, le Portugal a souvent réponse à tout. C'est le pays d'Europe le plus accessible en camion aménagé; il n'y a pratiquement aucun endroit où il est interdit de stationner pour la nuit, et si il y en a, ils sont très bien indiqués, aucun risque de repartir avec une amende.
Les parkings où dorment les voyageurs à quatre roues sont souvent proches des plages, gratuits, avec des sanitaires à proximité, et peuplés d'autres explorateurs de pacotille, surfeurs ou vacanciers; une tribu à la fois amicale et distante, avec laquelle on échange des "salut" baragouinés en portufranglais en regardant les vagues.
Pour le reste, Charly répond à tous nos besoins: un grand lit confortable, un petit évier, une petite gazinière, un petit panneau solaire pour alimenter le robinet ou la glacière, des rangements, tout le matériel de cuisine possible (imaginez que Julien y a cuisiné ses fameuses pâtes aux légumes et aux oignons caramélisés et des burgers végétariens de compétition tranquillou).


Nous sommes partis une semaine au Portugal: trois jours à Lisbonne et quatre sur la route. Et pourtant, c'est comme si nous étions partis une quinzaine de jours. Le dépaysement de découvrir un nouveau pays joue, mais c'est la route qui change tout (le comble pour une fille qui n'a pas son permis).
Les jours ont un rythme différent, qui suit celui du soleil: réveil à l'aube, et plus personne après la tombée de la nuit. Ce sont aussi des journées loin des écrans, pas de Netflix, pas de wifi, et j'avais oublié (acte manqué) mon adaptateur pour charger mon téléphone. Ou comment respirer un grand coup et profiter de l'instant présent.

Maintenant qu'il fait (vraiment très) froid, je repense en soupirant à cette semaine hors du temps, à ce pays à la fois lointain et si proche, et à cette douceur du quotidien qui n'a pas sans été me rappeler un autre road trip magique en Californie...
Le Portugal est une destination fantastique, dépaysante et abordable, que ce soit pour un week-end ou un mois, et il me tarde déjà de découvrir le reste de la côte, au sud comme au nord. Et peut-être même qu'on demandera à Charly de reprendre la route avec nous.

ROAD TRIP AU PORTUGAL

jeudi 5 janvier 2017

Une nouvelle année, et les grands mots qui vont avec. Que ce soit les bonnes résolutions que l'on s'efforcera de tenir quelques semaines, ou un changement drastique qui bouleversera notre quotidien, ce passage de décembre à janvier nous met face à nos choix, à leurs conséquences. On fait des bilans, on tire des conclusions, on sourit en pensant aux jolis souvenirs, on ferme un peu plus les yeux sur ceux que l'on regrette. On pense à après, on se dit mince, qu'est ce que ça passe vite quand même. Oui, le temps file, inexorablement, et il ne faudrait pas se retrouver toute ridée et toute triste, rongée par les décisions qui n'ont pas été prises ou de stupides résolutions qui n'ont pas été tenues.

Voilà ce que je nous souhaite, pour ne pas déroger aux traditions; apprenons à nous écouter.
Ne croyons pas que notre chemin est déjà tout tracé, que l'on est obligé de rentrer dans un moule qui ne nous convient pas pour être heureux, ne tournons pas en rond comme un malheureux poisson dans un bocal alors que nous avons le monde à portée de main, ne nous effaçons pas au profit d'un masque qui ne nous ressemble ni de près, ni de loin.
Attitude philosophique : vivre et boire la vie jusqu'à la lie: pourvu, pourvu que je n'arrête pas de penser, et ne me mette pas à subir, par aveuglement, par appréhension! Je veux goûter et célébrer chaque jour, et ne jamais avoir peur d'une expérience douloureuse ; ne jamais m'enfermer dans un noyau de torpeur insensible, garder une attitude critique face à la vie, me poser des questions, et ne jamais choisir la solution de facilité. Apprendre à penser, penser à vivre, vivre pour apprendre - avec une perspicacité, une compréhension et un amour toujours neufs. Sylvia Plath
Une nouvelle année, et les grands mots qui vont avec: j'ai bien envie de revenir par ici.

Alors je mets mon album préféré du moment, je dépoussière, je fais un peu de tri, je mets quelques paillettes par ci par là, je respire un grand coup et me revoilà.

Les premières lueurs de 2017, par mon steward préféré.

TO ANOTHER YEAR

mardi 3 janvier 2017

Un mois que je ne me suis pas connectée sur blogger, impatiente d'écrire, de raconter mes petites histoires. Et pour être honnête, ça ne m'a pas vraiment manqué.

Désintérêt et ennui, lassitude automnale, angoisse de la page blanche? Probablement un peu de tout ça.
Je n'aime pas écrire du vide, tout comme parler pour ne rien dire, pour combler des moments de silences gênants. Je n'ai pas envie de vous faire gagner des coques de téléphones et des mugs personnalisés. Je veux du vrai, de la culture et de l'art, des mots qui auraient de l'intérêt, du sens, ici comme dans la vraie vie. Mais je n'ai pas encore trouvé la frontière entre ce que j'aimerais et ce dont je suis capable.

Après sept ans de bons et loyaux services, serait-il de temps de tourner la page, de passer à autre chose? J'hésite encore. J'ai une affection démesurée pour ce blog qui m'accompagne depuis 7 ans, qui m'a permis de créer des amitiés fantastiques et d'avoir des échanges passionnants. Mais il est temps que je me le réapproprie, sur la forme comme sur le fond.

Novembre, passé loin d'ici, aura été agréable. J'ai lu et lu encore, vu les concerts cools de The Wedding Present et de Kevin Morby, regardé des tonnes de séries et de films, ronronné avec mes chats, allumé des feux dans la cheminée, bu des bières artisanales en rigolant avec mon boyfriend et mes amis, et n'ai toujours pas arrêté de fumer ni de manger des schokobons. Et c'était bien.

Je ne sais pas vraiment ce qui se passera ici prochainement, mais au fond de moi, je pense que je ne serais jamais bien loin. Alors comme des vieux copains sur le quai d'une gare, on se dit à bientôt en se promettant qu'on ne laissera pas passer trop de temps avant notre prochaine rencontre.

UN MOIS

dimanche 4 décembre 2016

La perfection ou presque, par trois fois.

L'enchaînement étonnant et idéal, que l'on souhaiterait perpétuel. Ces livres qu'on découvre et qu'on ne veut plus quitter; ces petites pépites qui resteront pour toujours avec nous.
Hasard ou coup du sort, mes vacances d'après-saison ont été enchantées par cette succession impeccable de trois bouquins, complètement différents et pourtant presque complémentaires (pour l'anecdote, j'avais un incroyable prof de lettres au lycée qui entamait ses cours par une citation piochée au hasard dans ses carnets, et nous demandait de la mettre en relation avec les livres étudiés en cours; au début, cela paraissait impossible et incongru, mais petit à petit c'est presque devenu évident. Depuis je suis fascinée par ces corrélations improbables.).

Fairyland, Alysia Abbott

 

En 1973, après la mort de sa femme, Steve Abbott, écrivain et militant homosexuel, déménage à San Francisco. Avec sa fille de deux ans, Alysia, il s'installe dans le quartier de Haight-Ashbury, le centre névralgique de la culture hippie. Steve Abbott découvre une ville en pleine effervescence dans laquelle la communauté gay se bat pour ses droits, il rejoint la scène littéraire de l'époque et fréquente cette génération de jeunes gens bien décidés à tout vivre, tout expérimenter. Commence pour le duo père-fille une vie de bohème, ponctuée de déménagements, de fêtes et de lectures de poésie à l'arrière des librairies. Alysia Abbott revient sur les aventures de son enfance alors que le virus du sida ronge peu à peu la ville.

Un livre d'amour, intense, beau et déchirant. L'écriture d'Alysia Abbott vogue au gré des souvenirs, des entretiens qu'elle a eu avec sa famille, et des journaux et autres poèmes de son père; des mémoires à peine romancées qui nous plongent dans un San Francisco bouillonnant et artistique. Et au milieu, la bulle d'amour familial entre Steve et sa fille, malgré les déménagements, les amours déçus, les fêtes sans lendemains, les années de vache maigre et la maladie, qui s'installe insidieusement dans leur quotidien, jusqu'à la fin.

A la fois un témoignage et un hommage, ce livre est une pépite d'émotion, pudique et intense à la fois. Touchant, parfois un peu dérangeant mais aussi malheureusement instructif sur la propagation du SIDA dans les années 80-90; époque à laquelle nous étions trop jeunes pour réaliser l'ampleur dramatique de la maladie. Illustré par des photos d'époque et des extraits de poèmes et de dessins de Steve, ce roman biographique m'a ébranlé et ému par son intensité et sa superbe. Vite, dans vos piles de livres à lire.

★★★★★


Price, Steve Tesich

Le temps d'un été, Daniel Price est emporté par le tourbillon de douleur, d'exaltation, de colère et de passion qui fera de lui un homme. Tandis que son père agonise lentement, il est englouti par la force d'un premier amour. Dix-huit ans, bientôt diplômé et accompagné de ses deux amis aussi paumés que lui, ce dernier été est un adieu à l'adolescence, bouleversante de contradictions.

J'avais promis de laisser une seconde chance à Steve Tesich après la lecture de Karoo, et en toute modestie, c'était une excellente idée. Price, paru en 1982, est son premier roman, et c'est un grand roman.
En 1961, à East Chicago, une ville industrielle, c'est la fin du lycée pour Daniel Price, et le début de sa vie d'homme, loin de l'insouciance commune aux jours d'été. Il tombe amoureux de l'insaisissable Rachel; le premier amour, aussi intense que ravageur. Simultanément, son père tombe gravement malade et leur relation distante s'en trouve encore plus touchée. Une naissance pour une mort.

Loin du récit initiatique classique, on se laisse porter par l'écriture superbe de l'auteur et les sentiments tourmentés du jeune Daniel en abordant les thèmes de l'amitié, de l'amour, de la mort, des déceptions et du passage à l'âge adulte. Un livre qu'on a du mal à poser et dont on sort à la fois chamboulé et ému.

★★★★★


La cloche de détresse, Sylvia Plath  


Esther Greenwood, dix-neuf ans, est à New York avec d'autres lauréates d'un concours de poésie organisé par un magazine de mode. De réceptions en soirées passées pour tuer le temps, ce sont quelques jours d'une existence agitée et futile que vit la narratrice. En même temps, elle se souvient de son enfance, de son adolescence d'étudiante américaine, des amours qu'elle a connues. Tout bascule lorsque Esther quitte New York. Tentatives de suicide, traitements de choc, guérison, rechutes, et, pour finir, l'espoir. Esther est à la fois «patiente» dans l'univers hospitalier et observatrice au regard aigu de ce monde, qui a pour toile de fond l'Amérique des années 50.

Suis-je la seule à mettre de côté un livre, en sachant pertinemment que je vais l'adorer, pour le garder pour un moment précis? Comme un paquet de bonbons caché dans un placard que l'on garde pour des jours meilleurs.
Comparer La Cloche de Détresse avec un paquet de bonbons n'est vraiment pas une bonne idée, mais comparer l'écriture de Sylvia Plath à quelque chose de fantastique, qui prend possession de vous et vous fait lever les yeux au ciel de satisfaction à chaque page est totalement légitime.

D'inspiration largement autobiographique, ce roman est à la fois dérangeant et fascinant. Le lecteur ne peut que constater et appréhender la dépression d'Esther, cet enfermement dans une cloche de verre qui bride et tourmente toute la créativité et le talent de cette dernière. L'histoire finit sur une note d'espoir, qui ne suffira pas pour Sylvia Plath: elle se suicide en 1963, année de parution de La Cloche de Détresse. C'est un livre à la fois ancré dans son époque et universel, tellement les sujets abordés sont intemporels. Et je crois que c'est exactement comme cela que l'on définit un classique, voire un chef d’œuvre.

★★★★★

THE BOOK CLUB ∆ LES PÉPITES

mercredi 2 novembre 2016

Latest Instagrams

© a pirate's life for me. Design by Fearne.