THE BOOK CLUB ∆ SUMMER READING

mardi 10 octobre 2017

En ce début d’année ma pile de livres à lire a pris dangereusement de la hauteur. Il faut croire que ce sont les chaudes journées d’été et le besoin d’évasion qui leur colle à la peau qui m’ont donné envie de me replonger dans mille histoires extraordinaires, de tourner inlassablement les pages en luttant pour garder les yeux ouverts.


Dix-sept. C’est le nombre de livres lus cette année. Je ne suis pas vraiment à la moitié de mon « reading challenge », mais je crois que je n’aime pas me donner des défis qui n’intéresse que moi. Le principal, ce sont les auteurs que j’ai découvert, et leurs récits imprimés noir sur blanc qui nous emportent.

Cette édition du Book Club est entièrement consacrée à des autrices (si le terme te fait bizarre tu peux toujours lire cet article) et à leurs romans. Familles brisées, Sud poussiéreux, futur terrifiant et cheveux blancs sont au programme. 

Avis de tempête, Susan Fletcher


L’écriture enivrante et poétique de Susan Fletcher m’avait emmenée dans l’Ecosse du 17ème siècle avec l’histoire de la mystique Corrag dans Un Bûcher sous la Neige, dont je vous avais fait l’éloge dans cet article.
Partons cette fois-ci dans les Cornouailles, avec Moira, une fille de la mer, sauvage et sensible. Au chevet de sa sœur qu’une violente chute a laissé dans le coma, elle narre son existence, dans sa force comme dans ses faiblesses. Une fois de plus, la prose de l’autrice nous emmène loin, très loin, au bord des sombres falaises anglaises, où l’écume et les rochers se confondent avec le ciel abîmé. Pour moi, lire Susan Fletcher c’est aussi recopier des lignes entières de ses livres dans des carnets en soupirant devant tant de beauté.
L’histoire en elle-même m’a toutefois moins enthousiasmé que celle de Corrag, ce que je n'explique que par mon humeur du moment, mais pour rien au monde je ne regretterais cette lecture. Susan Fletcher est une sorcière des mots, une vraie pour le coup, et moi je suis ensorcelée. 


Le sud des États-Unis. La pauvreté. La poussière. Des personnages bigarrés. Et quelque part, la poésie. Le moins que je puisse dire de ce livre, c’est que ça a été une lecture surprenante, autant dans sa trame que dans son style.
J’ai acheté ce livre en en voyant un autre, Illuminations et Nuits Blanches, l'autobiographie inachevée de Carson McCullers, qui m’a donné envie de découvrir le talent de cette autrice qui a publié des œuvres monumentales avant ses 30 ans. Ici, les destins s’entrecroisent, s’entremêlent au cœur d’une ville du Sud comme il y en a des milliers d’autres.
Il y a John Singer, le sourd muet à qui tout le monde se confie dans le plus grand des silences, la jeune Mick et sa tripotée de frères et sœurs, qui sillonne les rues à la recherche de musique, le Docteur Copeland, qui a sacrifié sa vie de famille pour ses idées et contre la ségrégation, Biff le tenancier du café qui  assiste à ce spectacle permanent. Des personnages profonds, dont les rêves traînent sous un soleil de plomb.
Comme un soupir, la jeune femme de 23 ans partage en 1940 une vision sans failles sur ce monde qui poussent les hommes à se déchirer. La lenteur du récit et le style faussement naïf n’est pas sans rappeler Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ou Des souris et des hommes, et ce roman culte s’inscrit dans la veine de ces chefs-d’œuvre. 

La servante écarlate, Margaret Atwood


Terrifiant. La gorge dans un étau et le cœur dans les chaussettes à chaque page de ce roman dystopique paru en 1985 remis au goût du jour par la série du même nom diffusée cette année.
Dans un futur proche (peut-être même très proche), et dans des lieux familiers, June se remémore son ancienne vie: son travail, son mari, sa fille et sa liberté. Tout lui a été enlevé à partir du moment où l’État est devenu une dictature, et elle une servante tout de rouge vêtue. Mais dans ce monde carcéral où l'infertilité fait planer une menace, son rôle de femme de chambre prend une toute autre dimension; celui d'une mère porteuse soumise pour un couple haut placé.
Prise au piège de cette société totalitaire mais aussi de ses souvenirs, June (rebaptisée Defred pour montrer l'appartenance à son Commandant) se livre aux lecteurs à travers l'écriture simple mais glaçante de Margaret Atwood. Que sont-ils devenus, ceux qu'elle aimait? Que va t'il lui arriver si elle enfreint les règles? Sera-t'elle déportée, tuée? Est ce que ça a été le sort rencontré par son amie Moïra et plus tard par Deglen ?
J'ai complété cette lecture par le visionnage de la série qui donne une dimension supplémentaire à cette histoire, et qui m'a tiré des larmes de colères et de tristesse. Mais aussi de peur. Parce qu'il ne se passe pas une journée sans qu'une actualité nous rappelle la fragilité de nos libertés, particulièrement en tant que femmes. Une lecture à mettre entre toutes les mains (et n'hésitez pas une seconde pour la série). 

Une apparition, Sophie Fontanel


Pour être franche, j'avais quelques à priori au début de ma lecture du nouveau livre de Sophie Fontanel. Déjà, parce que j'ai des à priori sur la littérature moderne française (ça marche aussi pour le cinéma, désolée, je n'en suis pas fière mais c'est comme ça) et surtout parce que je n'étais pas familière du travail d'écrivain et de journaliste de l'autrice.
Le début du livre n'a pas vraiment aidé à dissiper mes craintes, et je craignais de baigner dans un parisianisme agaçant pendant 250 pages. Mais au fur et à mesure de ma lecture, et grâce à la plume légère et autobiographique de Sophie Fontanel, je me suis adoucie et j'ai découvert le choix, à la fois simple et lourd de sens, de cette apparition: laisser le blanc s'installer progressivement dans la chevelure jusqu'à la renaissance. Ce journal, à peine romancé, fait la part belle aux femmes et embellit l'inexorable course de l'âge. Il y a des passages très forts (et un beau clin d’œil à mon idole Agnès Varda), d'autres plus édulcorés, mais c'est la valeur universelle de ce témoignage qui le rend intéressant. J'aurais pu apprécier un peu plus de réflexion sur la pression sociale faite aux femmes, mais il s'agit ici du cheminement personnel de l'autrice vers la liberté et l'acceptation. Et je sais déjà que nous serions tellement plus heureuses si ces mots, liberté et acceptation, faisaient réellement partie de notre quotidien, qu'ils concernent nos cheveux, nos corps, notre apparence, notre sexualité et nos choix de vies.

J’ai aussi lu La fille du Train, Le Confident, et Le Maître des Illusions, et c'était sympa mais je n'ai pas eu de vrai coup de cœur. Par contre, j'ai lu La vérité sur Lorin Jones d'Alison Lurie et j'ai tellement aimé que maintenant je vais lire tous les livres d'Alison Lurie.

Vous pouvez suivre toutes mes lectures en cours et devenir mon ami pour la vie sur Goodreads et retrouver tous mes articles dédiés aux livres sur le blog dans la catégorie Book Club. Bisous!

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