ME TOO

mardi 17 octobre 2017

Ils fleurissent sur nos murs virtuels, égrenés par les unes et les autres, et prennent tellement de place qu'on ne peut plus les ignorer. Qui aurait pu croire que des hashtags me retourneraient autant le ventre? Balance ton porc, moi aussi, me too.

Nous sommes toutes victimes. Celles qui le racontent, celles qui préfèrent se taire et qui sont toutes autant dans mon cœur.  Nous sommes toutes victimes, submergées de rage et de peine devant ce déferlement de témoignages qui donnent la nausée. Nous sommes toutes victimes, peu importe notre apparence, notre statut social, notre nationalité: ça me brise le cœur de l'écrire parce que ça le rend réel, mais être agressée parce qu'on est une fille, une femme, c'est normal. Et un monde qui laissé s'installer et même favorisé cette norme, ne peut être qu'un putain de monde malade.

J'ai une boule dans la gorge depuis hier soir. Voir défiler les #MeToo sur Twitter. Un deux, cent, mille. Des amies, des connaissances, des anonymes. Et puis, forcément, me rappeler. Ce genre de souvenirs remontent comme une envie de dégueuler; tout devient vague, puis tristement réel, et il ne reste plus que la tristesse, et les questions.

Et si j'avais réagi différemment ou plus tôt? Ça n'aurait rien changé.
Est-ce que je n'exagère pas? Non, et si ce n'était rien, je pourrais probablement inclure une de mes histoires, celle qui me dégoûte et m'énerve le plus dans cet article, mais j'ai beau essayer de l'écrire, c'est juste impossible. 
Est ce que j'aurais dû m'habiller différemment? Non, ça n'aurait rien changé à mon incompréhension de me faire klaxonner pour la première fois. J'avais 11 ans. Ça n'était que le début.
Est ce que j'ai eu peur, à chaque fois que j'ai entendu des pas derrière moi dans la nuit? Oui, terriblement. Et j'ai eu raison de courir.
Est ce que j'ai tout fait pour oublier, parce que "c'est normal", "boys will be boys"? Complètement.

Nous sommes toutes victimes, et c'est dégueulasse, injuste et terrifiant. Mais à travers ces sombres histoires que l'on ne peut plus ignorer, je vois comme une lumière, qui vacille mais qui s'intensifie.
Nous sommes toutes des victimes mais nous sommes toutes des alliées maintenant. Nous avons mal dans nos tripes, dans notre chair, mais nous ne sommes plus seules. Et si c'était maintenant? Et si notre heure était venue? Et si, malgré nos blessures vivaces et de toutes nos forces, nous pourrions enfin avoir l'espoir d'un changement?
J'ai le ventre retourné et les larmes aux yeux, mais putain qu'est ce que j'ai envie d'y croire.

Illustration de l'artiste Witchoria // son site // son facebook

2 commentaires

  1. On en a toutes conscience mais voir autant d'autres filles s'exprimer sur le sujet, ça remue beaucoup... comme tu dis, ça éveille aussi l'espoir que les mentalités finissent par vraiment évoluer!

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