THE BOOK CLUB ∆ SIX MONTHS AGO

lundi 4 juillet 2016

A part ma découverte et mon affection nouvelle pour Harry Potter, je n'ai pas pris le temps de vous parler de mes dernières lectures. Pourtant, j'en ai lu des livres cette année, bien plus que d'habitude, et y a pas à chipoter, ça me fait vraiment plaisir. Pour tout dire, j'ai tout juste commencé le vingtième, le "ça a vraiment l'air d'être un petit chef d’œuvre" roman En attendant Bojangles. J'espère réussir mon pari personnel d'en lire quarante avant la fin de l'année (et si vous souhaitez avoir un aperçu de toutes mes lectures, vous pouvez toujours m'ajouter en ami Goodreads!).


Durant les six derniers mois, j'ai lu des nouvelles, des pavés, des romans initiatiques bizarres, du très bien et du moins bien; j'ai fait une petite sélection de mes favoris, que je vous présente aujourd'hui. Le seul point commun entre tous ces livres est qu'ils n'en n'ont absolument aucun, mais j'espère qu'ils se retrouveront dans vos piles à lire.

Karoo, Steve Tesich

 



 

Karoo est consultant en scénario pour Hollywood ; en clair, il réécrit des films pour les rendre plus commerciaux. La cinquantaine, séparé de sa femme et de son fils adoptif dont il ne s’occupe pas, gros fumeur et alcoolique ne parvenant même plus à être ivre, il traîne de nombreuses névroses très particulières. Sa vie change le jour où, en visionnant un film, il tombe amoureux d’une actrice qu’il soupçonne être la mère naturelle de son fils. Il tente alors de se racheter en faisant de la comédienne médiocre une superstar… Mais rien ne se passe comme prévu.

Saul Karoo est un connard. Le genre de personne qu'on adore détester, un menteur, un faux-jeton, un loser qui n'arrive même plus à noyer ses pseudos sentiments dans l'alcool. Saul Karoo est loin d'être un héros, mais dans sa déchéance, il est sacrément humain. Sa vie tourne à la tragédie contemporaine alors qu'il essaie de faire une action (mais en fait une aberration) qui lui paraît juste.

Je suis partagée, très partagée sur ce livre. Trouvé à la merveilleuse librairie toulousaine Ombres Blanches, je ne l'ai pas posé une seule fois pendant les trois heures du trajet de bus Toulouse-Bordeaux. J'avais l'impression de tenir un petit chef d’œuvre, la quintessence du roman américain un peu cynique comme je les aime, avec un style d'écriture fantastique et saisissant. Et puis, j'ai commencé à décrocher un peu, à être pressée de le finir non pas par intérêt mais un peu par ennui.
Les tribulations du personnage principal, malgré leur caractère tragique, s'essoufflent et le rythme en pâtit.
Après avoir été transportée au début du livre, j'aurais aimé que la fin de cette lecture me donne au moins la chair de poule, mais ce ne fut pas le cas. Mais je suis quand même ravie d'avoir découvert cette œuvre. Je ne vous avais pas menti en disant que j'étais sacrément partagée. Je vais toutefois lire Price, du même auteur, dont l'histoire me tente beaucoup, en espérant retrouver ce style qui m'a transporté pendant le premier tiers de Karoo.

Ma note: ★★★☆☆


La couleur pourpre, Alice Walker

 


 

Abusée, engrossée deux fois par son beau-père, le cauchemar de Celie, quatorze ans, ne fait que commencer. Elle est vite mariée à Albert, qui cherche une domestique plus qu'une épouse... Dans ce ménage improbable, le mépris du mari va de pair avec les coups. Nettie, sa jeune sœur qui s est installée avec eux, est chassée par Albert pour avoir refusé ses avances et réussit à partir pour l'Afrique. Ne sachant pas où joindre sa sœur, Celie commence pourtant une correspondance avec celle-ci, et adresse ses lettres à ce « cher bon Dieu ». Même sans retour de courrier, c'est la seule solution que trouve Celie pour ne pas sombrer dans la folie. Elle se raconte, sans misérabilisme, décrivant le cauchemar de la violence et de l'isolement mais aussi l'espoir qui naîtra de sa rencontre avec la sensuelle Shug Avery, auprès de qui Celie apprivoisera son corps, apprendra l'estime de soi et connaîtra l'amour. 

Nous avons là un livre culte. Un livre qu'il faut lire, autant pour sa dimension historique que pour sa grande beauté. Et sa tristesse aussi, sa dureté qui te broie le cœur. N'ayant pas vu le célèbre film des années 80, je n'étais pas familière avec l'histoire, poignante et tragique, de ces deux sœurs noires dans l'Amérique des années 1900/1930.
Le style d'écriture est surprenant; à la fois un échange épistolaire et un journal intime, avec des mots simples qui en deviennent d'autant plus forts. La vie des personnages m'a paru presque irréaliste; difficile de croire que cette période sombre se tenait il y a à peine 100 ans.

Je parle beaucoup des côtés sombres et durs de ce livre, mais c'est aussi une histoire chaleureuse, lumineuse et touchante, avec beaucoup d'amour, familial, maternel, amical. Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre en commençant ce récit, et j'ai été transporté par cette lecture dont on ne ressort pas indemne. Allez hop, dans la pile de livres à lire!

Ma note: ★★★★☆


Is Everyone Hanging Out Without Me? Mindy Kaling (anglais)

 

Extrait de l'introduction: In this book I write a lot about romance, female friendships, unfair situations that now seem funny in retrospect, unfair situations that I still don't think are funny, Hollywood, heartache, and my childhood. Just that really hard-core, masculine stuff men love to read about. I wrote this book in a way that reflects how I think. Sometimes it's an essay or story, and sometimes it's a "pliest", which is a piece with a list-y quality, a term I've just made up. 

Mindy Kaling est actrice (Kelly Kapoor forever), scénariste, productrice, et désormais auteure. Dans son premier livre autobiographique, qui date de 2011, elle raconte aussi bien ses souvenirs d'enfance que son parcours professionnel, en passant par ses expériences amoureuses pas toujours concluantes, d'un ton drôle et léger.

J'aime bien lire des livres écrits par des musiciens, acteurs, artistes, et celui-là n'a pas dérogé à la règle. Elle livre ici ses souvenirs, ses pensées, mais aussi ses réflexions et autres expériences dans lesquelles nous pouvons nous retrouver, même en n'étant pas une star hollywoodienne. Je pensais avoir un peu de mal avec le côté girly shit, mais pas du tout; jamais elle ne tombe dans le cliché, ou sinon avec beaucoup d'humour. C'est un livre écrit d'une copine à une autre, et il y a quelques anecdotes sur The Office qui sont merveilleuses, bref je me suis surprise à dévorer ce bouquin en trois jours! Le livre n'existe malheureusement pas en français, mais le ton léger et le vocabulaire pas trop compliqué permet une bonne compréhension.

Ma note: ★★★☆☆


Un bûcher sous la neige, Susan Fletcher 


 

Au cœur de l’Écosse du XVe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d'Irlande, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s'efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l'esprit de Charles.

Encore une lecture surprenante pour moi qui ne suis pas vraiment une adepte des romans historiques. Peut-être parce que ce livre, malgré son ancrage dans une époque, est hors du temps.
Dans l’Écosse du 17ème siècle, une jeune "sorcière" condamnée à mort, Corrag, raconte son histoire et les massacres dont elle a été témoin au révérend Charles. Ce dernier la méprise dès leur première rencontre, ne cherchant dans son récit uniquement les informations qui l'intéresse, mais petit à petit; il apprivoise ses préjugés et écoute les mots de la jeune sorcière. Elle raconte les arbres, les rivières, les animaux, la nature et le monde comme elle le vit et le ressent.

Les chapitres s'alternent entre le récit de Corrag et les lettres que Charles écrit à sa femme, et la très belle écriture de Susan Fletcher nous transporte dans un fantastique voyage. L'innocence de Corrag et la sincérité de Charles sont très touchants, et la description des paysages juste magique. C'est un livre certes hivernal, mais complètement envoûtant, et j'aurais vraiment regretté de passer à côté (merci les bons conseils de ma librairie préférée, Le Jardin des Lettres).


Ma note: ★★★★☆


Cet été, malgré un emploi du temps no fun, je participe au Summer Challenge initié par Victoria dans le cadre du Club de Lecture Mango & Salt (cliquez pour avoir toutes les infos). Je vais donc essayer de lire les cinq livres ci-dessous, chacun correspondant à un critère de ce petit défi sympathique.
Si j'arrive à accomplir ma mission, rendez-vous en septembre pour un petit bilan!

8 commentaires

  1. Hello !

    Un bûcher sous la neige est dans ma pal depuis un moment, tu me donnes envie de m'y mettre !

    Mais surtout tu me donnes envie de lire le livre de Mindy Kaling, alors qu'a priori ce genre de bouquin c'est pas trop mon truc (principalement parce que je ne sais jamais trop à quoi m'attendre, je pense ^^).

    Bonne aprèm à toi!

    Laetitia
    bleusakura.blogspot.be

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    1. Salut Lætitia! N'hésite pas pour aucun des ces deux livres, ils méritent le détour. J'avais aussi de l'appréhension par rapport au bouquin de Mindy Kaling et maintenant j'ai juste envie d'acheter son second ;)

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  2. Bojangles et Dans les forêts de Sibérie sont tops ! :)

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    1. J'ai vraiment beaucoup d'appréhension pour Dans les forêts de Sibérie, ayant lu plusieurs critiques du style pompeux de l'auteur, mais bon le mieux c'est encore de se faire son avis par soi-même!

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  3. Sans me mettre la pression je pense prendre ta liste pour ton challenge de l'été et le suivre aussi. Je trouve de moins en moins le temps de lire et ça a le don de m'agacer ! Rien de tel qu'un bon roman pour se vider complètement la tête (tout en se la remplissant avec délice).

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    1. Exactement! J'espère aussi pouvoir le mener à bien, mais l'été ça dure jusqu'à septembre, non? ;) Et ravie que ma sélection te plaise!

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  4. j'ai adoré Karoo autant que je l'ai détesté, la fin m'a laissée sur ma faim... je suis ravie d'en avoir fait l'expérience, et je donnerai sa chance au prochain mais avec quelques réticences!
    La couleur pourpre est un de mes livres/films préférés, il fait partie des rares adaptations que je trouve très réussie!
    très bonne sélection :)

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    1. C'est exactement ça pour Karoo! Et je n'ai pas encore vu le film adapté de La Couleur Pourpre, mais je compte bien le regarder très vite!
      Bonne journée Emilie!

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