ON DOIT ÊTRE HORS SAISON

jeudi 8 septembre 2016

Ça commence par une grande respiration. On inspire, et on expire, longuement.

Quand tu vis au bord de la mer, la frénésie et le tumulte sont les synonymes les plus parlants des mois de juillet et d'août. Nos petites habitudes sont chamboulées, nos petites rues deviennent des boulevards, et l'air se charge d'une atmosphère électrisante; l'arrivée de l'été tant attendu contraste avec la folie du débarquement estival massif.

Juillet est toujours agréable. Les journées à rallonge favorisent les éclats de rire, les cocktails glacés, la peau qui hâle doucement et le joli teint qui va avec. C'est le moment de retrouver les amis qui reviennent pour l'occasion, les terrasses de nos endroits préférés, les fêtes locales typiques et amusantes, l'odeur du sable chaud et le sel dans nos cheveux. On se sent revigorés, heureux et il est plus facile de faire abstraction du monde qui arrive, et arrive encore plus.

Août est... août est... plus compliqué, pour rester positive et ne pas dire infernal. La population enfle jusqu'à l'étouffement. Les petits détails touristiques qui nous faisaient sourire nous enragent, autant que le savoir-vivre et la politesse qui ont tendance à disparaître en ces jours caniculaires. Difficile de ne pas se sentir asservi. Les jours qui passent nous poussent dans nos retranchements: non pas de plage, pas de bières de fin de journées, pas de balades à vélo, il y a vraiment trop de monde, je reste chez moi dans le noir devant Gilmore Girls.
Vous me trouvez forcément un peu dramatique, et vous aurez raison parce que toute cette agitation n'a pas empêché le soleil de se coucher et les Spritz d'être bus. Mais les nerfs en prennent un coup, et alors nous n'avons plus qu'un mot en tête: septembre.

Le moment de respirer un grand coup est arrivé. Le temps d'un soupir, les rues se vident, les volets des maisons secondaires se baissent, les terrasses redeviennent accueillantes, et malgré les cernes sous nos yeux, nous recommençons à sourire. Oh, il va bien falloir quelques jours de vacances pour s'en remettre, et reprendre des habitudes alimentaires quotidiennes autres que pastèque/frites/bières, mais la parenthèse estivale se referme doucement.
Bien sûr, quand viendra l'hiver on se remémorera, lovés dans nos plaids face à la cheminée, les douces journées ensoleillées et on en oubliera les inconvénients. Mais pour l'instant, je suis juste contente que l'on soit hors saison.

5 commentaires

  1. Très joli article tout en poésie! Je te comprends, moi c'est au printemps que j'ai ce sentiment, après la fréquentation de ma région en février-mars! ;)

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    1. Ça doit être exactement la même chose pour toi, en remplaçant la mer par la neige!

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  2. Ayant grandi dans les landes, je comprends tout à fait ce que tu décris : la frénésie du mois d'août qui est vraiment vraiment too much...
    L'ironie c'est que maintenant, je fais partie de ces touristes du mois d'août (mon boulot fait que je n'ai pas le choix des dates de vacances), alors, je prends mon mal en patience dans la foule, et surtout je chérie mes petits coins déserts secrets, et me paye le luxe de refaire au moins un week-end à l'océan en septembre (d'ailleurs l'an dernier j'étais venu à Arcachon, c'était super!)

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    1. Beaucoup de gens n'ont effectivement pas le choix de leurs dates de vacances... mais tu as raison de craquer sur un week-end de septembre, la belle saison <3

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  3. Je comprend ce que tu veux dire pour août, c'est vraiment pénible quand la foule envahit tes espaces préférés et que tu peux dire adieu à la quiétude. Heureusement que septembre nous offre de belles journées encore :)

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