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jeudi 17 février 2011

(Le titre de ce post n'est pas une incitation à un quelconque rassemblement sectaire, mais un extrait de la magnifique chanson de The Polyphonic Spree, clique ici pour l'écouter ♥ )

J'ai cette histoire à raconter, même si je ne ne sais pas vraiment si elle a sa place ici. Tant pis, j'imagine.

Je ne suis pas une fille méchante, loin de là. J'aime parler aux gens, à ceux que je croisent, que je sers à mon petit boulot, à mes amis de longue date et aussi aux petits nouveaux. J'essaie d'avoir une attitude positive, rien ne me fait plus plaisir que de partager un sourire dès que j'en ai l'occasion. Je "crois" en la gratitude attitude, j'essaie en tout cas. Je me dis que si chacun s'efforce de mettre quelques paillettes dans ce monde, la vie serait parfois un peu plus jolie.

Mais je n'y arrive pas tous les jours. En particulier cette semaine. C'est bête, mais les nuages chargées de pluie, ma situation professionnelle assez nulle (je fais un petit boulot de crêpes et de gaufres pour me payer mon permis pour ensuite chercher un boulot dans ma filière, la communication/l'audiovisuel), le stress de la St Valentin (oui je sais c'est nul); cette conjoncture m'a mis le moral en berne. C'est donc aigrie et totalement démotivée que j'ai été travailler mardi après-midi. Pas envie, de ça comme de rien, j'aurais été mieux chez moi à regarder les nuages défiler, pas envie de voir les gens, de leur parler, de répondre à leurs questions stupides sur mon habilité à faire les crêpes ou sur la cuisson des gaufres. Quand je me sens de cette humeur massacrante, je détourne le regard. Les clients me parlent, je leur répond et les sers cordialement, mais je ne les regarde pas, je ne les laisse pas s'immiscer dans ma bulle; c'est une manière de les ignorer, je pense. Non, ça n'est pas très gentil, mais quand je suis cafardeuse et désabusée de la sorte, je n'arrive pas à agir autrement.

Et puis il y a eu cette dame. Un peu âgée, mais pas tant que ça, bref, tout à fait commune.
Il n'y avait pas foule cette après-midi là. Elle est arrivée devant le comptoir, comme n'importe qui d'autre. Nous nous saluons, je lui demande ce qu'il lui faudra. Elle voudrait des churros, oui mais voilà. Dans mon petit spot à gourmandises, nous vendons les churros par paquets de 6 pour 2,50 euros. C'est comme ça. Elle me demande si c'est possible d'en avoir moins, parce qu'elle est toute seule. Je ne me focalise pas sur ses derniers mots, je pense seulement à quel point les gens sont chiants, bon sang, six c'est six et puis voilà. Mais je ne discute pas, ce n'est pas mon genre, je lance la préparation pour trois churros en rouspétant dans mon coin, les lèvres plissées et les yeux furibards.
Je prépare son paquet de trois churros, et reviens vers elle, toujours faussement énervée, mais avec un sourire pour la forme. Je lui tends sa pochette, ça vous fera 1,25 euros Madame. Elle prends mes mains dans les siennes, me glisse 1,50 euros et me dit "Gardez la monnaie, merci de votre gentillesse mademoiselle", en souriant, ses yeux tout brillants. Et là, je n'ai plus vu que son regard. Et je me suis sentie tellement stupide. Mais tellement.

Je me suis vue, contrariée pour trois pauvres churros, servir cette dame avec mes manières agaçantes. Elle n'a vue que mon petit sourire et le fait que j'accepte de lui faire un plus petit paquet, vu qu'elle était seule. Au moment même où elle a pris mes mains dans les siennes, j'avais envie de me donner des claques. J'avais honte de moi, de mon comportement. Comment j'avais pu en arriver là? Oui, il y a des jours plus gris que d'autres, des jours où l'on se demande si un avenir brillant est possible, des jours sans paillettes. Mais cela ne doit pas nous empêcher d'y mettre un peu du nôtre, au quotidien. Parce que tout le monde mérite une journée étincelante, que ce soit par des grandes nouvelles ou des détails insignifiants.

Elle est partie, et j'ai secoué la tête en souriant. Non, les choses n'allaient pas si mal. Et ce monde pouvait être joli, d'une manière inattendue.

12 commentaires

  1. Ca m'émeut beaucoup ton histoire. Oui, parfois la vie nous rappelle à l'ordre, et par un petit signe, nous fait voir les choses d'un autre oeil. Merci de nous avoir fait partager ça :)

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  2. Comme Victoria ça m'émeut ! Et ça m'arrive aussi souvent d'être aigrie, de râler pour un rien et puis il suffit d'un petit truc, un regard ou une parole pour qu'on se rende compte que malgré les nuages le ciel est bleu derrière :)

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  3. C'est très touchant cette petite histoire :) mais en même temps, c'est humain d'avoir des baisses de moral et d'être démotivée ... Moi, je pars du principe qu'on ne peut pas tjrs être à 100 % souriante, aimable surtout quand on bosse ds un milieu comme le tien (ou parfois les clients sont des vrais cons, faut le dire).
    En tout cas, courage pour le permis/recherche de boulot ...

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  4. très jolie petite histoire, morale à suivre par tout le monde... je suis dans la même configuration que toi, boulot de merde, frustrant, où les gens sont désagréables, le tout pour payer mon permis etc etc.
    alors courage à nous!

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  5. stresser pour la saint valentin?? est-ce possible?
    moi c'est la solitude qui me fait stresser..

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  6. Heureusement que je ne vois presque jamais de clientèle dans mon bureau, car comme je n'aime pas mon travail, ça s'en ressent méchamment sur mon humeur...mais j'ai déjà travaillé dans la vente et le service, et même s'il est difficile d'être serviable et de bonne humeur tous les jours (face parfois à de véritables cons il faut bien le dire), j'essayais de faire de mon mieux et c'est bien ça le plus important :)

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  7. Oh, choupette, une bien jolie histoire, à laquelle je m'identifie très bien. (Sauf que dans mon travail, ce ne sont pas les clients qui me feraient sourire, mais mes collègues d'amour) Bref. Je t'envoie plein de paillettes parisiennes pour faire briller tes journées grises ♥

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  8. j'ai les poils qui s'hérissent et le ventre qui se serre. ca me rappelle le service au paradis des crepes. ou ma faculté de ne pas supporter mon coloc au petit dejeuner alors que c'est le garçon le plus gentil de la terre. ha nous les humains. moral de cette histoire: si quelqu'un veut déguster que trois chouchous, proposez lui de manger les trois autres avec lui.
    courage ma loulou. dans un mois c'est le printemps.

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  9. Ton histoire me fait penser à moi..
    Vendeuse en Boulangerie, un boulot que je n'ai pas choisi. Des jours ou je n'ai vraiment pas envie, où je rêve d'autre chose, ou on me parle comme un chien ou sans m'en rendre compte je deviens "sèche" ou ignorante avec les clients.. Et le soir quand je rentre chez moi je m'en veux c'est horrible, ils n'y peuvent rien après tout.
    Mais si il n'y avait que des clients adorables ce serais déja plus facile à supporter.. Bref je viens de découvrir ton blog et j'adore :)

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  10. toi , tu es une fille géniale ! <3

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  11. Bonjour!
    Tombé par ici par hasard car tu étais le premier commentaire sur le bouquet d'Eleonore Bridge, comme quoi être "preuuums" peut avoir des avantages! ;)

    Très joli post, j'aime bien lire des choses toutes simples comme ça mais qu'on a tendance à oublier! Je vais essayer d'y mettre plus du mien! :)

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  12. C'est une jolie histoire et elle me rappelle beaucoup de souvenirs :)

    Au McDo, des gens comme cette dame, il n'y en avait pas beaucoup, j'étais plus l'imbécile qui souriait tant qu'elle pouvait en croyant que ça allait faire sourire les autres.
    Mais les clients de ce genre, on les chérit encore plus :)
    Moi, je me souviens surtout des enfants, ceux à qui on avait l'impression de faire un cadeau incroyable quand on leur donnait leur Happy Meal de main à main. Ou ceux qu'on allait trouver parce qu'ils jouaient tout seuls dans leur coin et avec qui on s'inventait un monde. C'était chouette quand même !

    Courage pour ces jours grognons ! Tu auras bientôt ton permis, et puis la roue va tourner et tu vas trouver un boulot génial ♥

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