Il y a 10 ans jour pour jour, alors que le soleil n'était pas encore levé, j'attendais avec une copine sur le quai de la gare de Bordeaux un vieux TER qui m'amènerait vers une nouvelle vie (en passant par Tarbes).
Je partais avec le ventre et la gorge noués. Je n'allais pas seulement le rejoindre, j'émergeais pas à pas d'un passé un peu trop douloureux et destructeur. Je choisissais la lumière.
Il y eut un train, puis un autre, puis un bus, puis un téléphérique. En haut, tout en haut de la montagne, je n'étais plus qu'une boule de stress. Mais j'avais promis que je viendrais. Et j'étais là.
Des retrouvailles. De loin d'abord. Puis une certitude. C'était lui et c'était nous. On a ri, on a pleuré, on ne s'est plus quitté.

Dix ans. Tant de souvenirs, d'aventures, de paillettes, de bonheur, de douceur, qui ont fait s'éclipser les quelques mauvais jours... Mais je ne voudrais rien changer de ce chemin parcouru ensemble.
Aujourd'hui, on a vu des animaux mignons, fait du bateau, mangé des bonbons, chanté au concert d'Adam Green. Dix ans plus tard, je suis toujours la plus heureuse. 



DIX ANS

mercredi 29 janvier 2014

J'ai pas menti quand je disais qu'on avait dormi dans un virage à Big Sur.


Il m'aura fallu une journée, une nuit, et le plus fantastique petit déjeuner de ma vie pour réaliser que l'aventure avait commencé.


Big Sur au nom mythique et au paysage irréel encore illuminé par les premiers rayons du soleil, promis, ça vous retourne. Moi, je suis définitivement pas du matin, mais là j'ai ouvert les yeux plus en grand que d'habitude pour ne pas perdre une miette de ce spectacle. Et puis si on m'avait dit qu'un jour qu'en prenant mon petit déjeuner, je verrais au loin un souffle de baleine, j'aurais eu du mal à le croire.



Nous avons poursuivi notre route dans ces paysages magiques, croisant des colonies de phoques, des secrets spots de surf, un troupeau de rennes et même des zèbres (j'ai pas compris au début, mais tout s'est expliqué avec la proximité du Hearst Castle).



Morro Bay. Ville de bord de mer à la sortie de Big Sur, facilement reconnaissable par son gros, très gros rocher. Ambiance mi-touristique, mi-surf city, il y a des phoques qui font les intéressants et une exposition de Woodies, des voitures en bois! On en profite pour faire réparer notre gazinière dans un magasin de bricolage; toute l'équipe se mobilise pour nous aider, ils nous demandent comment est la France, ce qu'on a prévu de faire comme route, on blague ensemble. Ils nous offrent la réparation contre une franche poignée de main et un grand sourire; la française râleuse au fond de moi se sent bête... C'est tellement facile et agréable d'être gentil! (Interlude: ce souvenir m'est revenu alors que je rédigeais cet article... J'en ai donc profité pour leur envoyer une carte postale de remerciement!).




Le soleil commence à descendre sur Morro Bay. On est samedi, et évidemment tous les State Parks sont complets. A Montana De Oro, on fait des pâtes en buvant une Budweiser, et ça ressemble au paradis. On s'endort juste après le coucher du soleil, dans une rue pas trop fréquentée, en espérant pas se faire réveiller par des cops zélés dans la nuit. (non, on a très bien dormi)


ROAD TRIP USA ☆2 : BIG SUR - MORRO BAY

jeudi 23 janvier 2014

Quand il s'agit de parler de sujets qui me tiennent à cœur, qui me gênent ou qui m'angoissent, je perds facilement mes moyens.
Non pas que je n'aime pas argumenter ou discuter, mais j'ai tendance à m'emporter viscéralement quand mon "opinion", mon avis ne paraît pas convaincant. Je ne parle pas de déterminer quel est le meilleur film de Wes Anderson (Rushmore selon moi), mais de choix de conscience, de vie.

J'ai arrêté de répondre à ceux qui critiquent mon végétarisme, j'ai viré les quelques "amis" facebook qui publient des liens foireux du genre "famille de glandeurs au RSA qui gagne plus que la valeureuse famille qui travaille", et j'ai commencé à réfléchir aux frontières entre la blague de pote et le sexisme et machisme ordinaire. 
Tellement ordinaire qu'il passe souvent inaperçu. Une voiture fait une manœuvre douteuse, c'est sûrement "une femme au volant"; Machin ne veut/peut pas faire quelque chose, c'est "une gonzesse"; Machine est de mauvaise humeur "t'as tes règles?", et je vous épargne quelques réflexions douteuses de touristes douteux entendues à mon boulot. (peu importe ce qu'ils disent, je réponds toujours "Je vous demande pardon?" ce qui les déstabilisent. Bande de nazes.).

Je n'aurais jamais pensé devoir me battre pour mes droits. Je veux dire, je suis née en 1984, dans un pays développé, sans guerres ou drames qui peuvent obscurcir la vision humaine. Les femmes ont le droit de voter depuis longtemps (ah, en fait, pas si longtemps que ça), ont accès à la contraception et à l'IVG (ah, en fait c'est pas si facile que ça), sont aussi bien représentées que les hommes dans le cinéma par exemple (non ça c'est pas vrai du tout) et ne sont pas du tout influencées par des modèles d'apparences au quotidien et ne se font jamais harceler dans la rue/le métro/au boulot (là, je déconne vraiment). 
Et puis la violence, psychologique, physique, sexuelle, avec des chiffres qui me font mal: "Chaque année, 201 000 femmes âgées de 18 à 59 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime. [...] Chaque année, 83 000 femmes âgées de 18 à 59 ans sont victimes de viols ou de tentatives de viol. De la même manière que pour les chiffres des violences au sein du couple présentés ci-dessus, il s’agit d’une estimation minimale." 

Voilà, voilà. Peu réjouissant, hein? Il y a quelques mois, un guignol de la radio a enfoncé le clou en banalisant l'agression/harcèlement de rue dans une vidéo aux millions de vues (à voir et à lire chez Madmoizelle). Et juste avant Noël, ce sont les femmes espagnoles qui ont subi un retour en arrière magistral avec cette réforme de la loi sur l'avortement, qui le rend illégal si le fœtus n'est pas le fruit d'un viol ou s'il présente un grave danger pour la vie de la mère. Un petit retour dans le passé de 30 ans, comme ça, cadeau, comme si l'IVG en lui même était déjà une partie de plaisir.

Tout ça fait que je n'ai aucune appréhension de le dire: je suis féministe.

Et non, ça n'est pas un gros mot. Merci d'oublier les clichés douteux: non, pas de brûlage de soutiens-gorges, pas de jalousie des hommes, pas de machisme inversé... J'ai envie d'avoir l'espoir d'une égalité sur le plan humain, de plomber les idées reçues, de ne pas croire que ton genre détermine ton chemin de vie, de conserver et de faire progresser les droits des femmes... En fait, tout ça me paraît tellement NORMAL. Je veux dire, c'est logique non? Mais ce n'est pas si simple. Le formatage depuis notre enfance, les clivages qui subsistent entre les genres, tout ça ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Autant y mettre du sien dès aujourd'hui.

Et si c'est difficile d'y croire, que tu ne te sens pas prête à remettre en question le fait que d'avoir des seins fait penser à certaines personnes que tu es inférieure à eux, fais comme Kate Nash.


Vous pouvez lire en plus: 
- L'excellent article "Le syndrome de Cassandre" de Timtimsia
- Messieurs, l'égalité homme-femme ne se fera pas sans vous sur Madmoizelle, parce que c'est vrai.
- Le tumbl "Who needs feminism", et on a tous une bonne raison.
- Les filles ont moins d'humour que les garçons, ah bon? 
- 15 mauvaises raisons de ne pas être féministes toujours chez Madmoizelle ♥
- Anti Féministe? par la Fille H

THOUGHTS ON FEMINISM

samedi 18 janvier 2014

Bon, les amis, j'espère que vous aimez les paysages à couper le souffle, les routes sans fins et les sandwichs avocats-tomates-fromage-Tofurky parce que je vous embarque avec moi pour 10 jours de road trip aux États-Unis.

Après une semaine à San Francisco, nous étions impatients de prendre la route. Hypnotisés depuis notre petite enfance par ces paysages mythiques, cette culture unique et ces routes interminables, c'était à nous de vivre ce rêve américain de 2800 km.

Nous avions réservé, quelques semaines plus tôt, sur le site Lost Campers un van Chevrolet Astro, répondant au joli nom d'Esteban, parfaitement aménagé pour un road trip. Les priorités changent quand tu prends la route: glacière et petit évier deviennent indispensable, et la douche solaire un vrai luxe!
Nous avons quitté San Francisco sans GPS (la seule petite faille de cette réservation), complètement à l'aveuglette, à la recherche de la côte. Heureusement, notre sens de l'orientation infaillible, une vieille carte routière et un peu de hasard nous ont permis de retrouver la route qui longe la côte et qui nous amenait vers Big Sur.

Santa Cruz fut notre première étape. La jolie station balnéaire au nom mythique et aux manèges vertigineux bordant la plage était un passage obligée de notre road trip. Le mois d'octobre étant moins touristique, aucune attraction ne fonctionnait, mais le site était accessible au public. Nous voilà donc dans cette espèce de foire fantôme colorée, aux stands alléchants (ou pas: les Oréos frits, très peu pour moi) et quasi désertique.
N'étant pas une adepte des manèges à sensations fortes, j'ai adoré cette ambiance fantomatique et irréelle, presque un peu creepy...

Nous avons continué notre route vers Monterey, où nous avons fait une brève escale. Je me traînais une grosse crève depuis la veille et les médicaments anti-rhume américains me défonçaient la tête. J'ai donc découvert, somnolente, une des jolies plages de la ville, avant de partir à la recherche d'un GPS. Même en voulant jouer les aventuriers, c'est vraiment indispensable d'en avoir un: tout est tellement immense qu'une erreur de route peut te faire perdre plusieurs heures!

La journée approchait de sa fin, nous avions enfin un GPS, et les villes disparaissaient pour laisser place à un paysage taillé dans la roche et encadré d'arbres plus que centenaires. Illuminé par le soleil couchant et la lumière unique de Californie, la magie de Big Sur prenait toute son ampleur. Au niveau du mythique Bixby Creek Arch Bridge, le panorama est à couper le souffle; les falaises vertigineuses surplombant l'océan à perte de vue... Tu te sens vraiment tout petit.


En tant qu'aventuriers pas vraiment organisés, nous n'avions pas réservé d'emplacement dans un State Park, qui étaient évidemment tous complets un vendredi ensoleillé d'octobre... Nous avons donc passé notre première nuit illégale sur une espèce de parking dans un virage! 

A suivre...

ROAD TRIP USA ☆1 : SAN FRANCISCO - BIG SUR

vendredi 10 janvier 2014

On y est les amis. 2014. Plus qu'une bonne année à tenir, et on aura des hoverboards et des pizzas à ré-hydrater.

En attendant, j'espère que vous avez déjà commencé à remplir 2014 de jolis projets. Pour ma part, j'aimerais aller à New York et Portland, devenir blonde platine, me faire un nouveau tatouage (ou deux, hein, soyons fous), me remettre doucement mais sûrement au sport (lâchement abandonné l'été dernier), passer mon permis, jouer de la basse, me préparer à être demoiselle d'honneur d'un de mes meilleurs amis et à accueillir un petit mec dans la bande, regarder Breaking Bad 4 ans après tout le monde (on a fini Lost hier et je suis un peu traumatisée) et continuer d'écrire ici tous les petits mots qui me passent par la tête... Ah, et puis j'aurais 30 ans en décembre prochain, et j'ai douze mois pour m'y préparer. L'année commence déjà bien avec deux petits jours à Londres le weekend prochain et une semaine à Amsterdam pour fêter nos 10 ans d'amoureux! (en fait 2014, c'est l'année des coups de vieux!)

Je vous souhaite de tout mon cœur une année 2014 débordant de paillettes, d'amour et de rock'n'roll!



FUCK YEAH 2014!

jeudi 2 janvier 2014

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